Les 10 raisons de dire non à la loi HADOPI

Je voulais dire mon opposition à la loi HADOPI (ou la riposte graduée: coupure de connexion internet et amendes automatiques si vous ne protégez pas votre connexion internet) pour les raisons suivantes (énoncées par numerama.com, mais j’y adhère) :

« 1. Elle ne vise pas les pirates !

La loi ne sanctionne pas le fait de télécharger ou de mettre à disposition sans autorisation des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Elle crée en fait un nouveau délit, le « fait, pour la personne titulaire d’un accès à des services de communication au public en ligne (un accès à Internet, ndlr), de ne pas veiller, de manière répétée, à ce que cet accès ne fasse pas l’objet d’une utilisation à des fins de reproduction, de représentation, de mise à disposition ou de communication au public d’oeuvres ou d’objets protégés par un droit d’auteur ou par un droit voisin sans l’autorisation des titulaires de droits lorsqu’elle est requise ». Or pour vérifier que l’abonné n’a pas « veillé » à ce que son accès ne soit pas utilisé pour pirater, la Haute Autorité ne pourra s’en remettre qu’à une seule présomption : le fait que l’accès a été en fait utilisé pour pirater. Peu importe que ça soit par l’abonné lui-même ou par ses enfants, son ex-compagne ou un voisin de passage. La loi crée donc une responsabilité du fait d’autrui qui serait une première dans le système juridique français. L’article 1384 du code civil prévoit bien la responsabilité du fait d’autrui, mais uniquement dans des cas où le tiers coupable est jugé incapable (les mineurs par exemple), ou est placé dans une situation de subordination par rapport à son responsable.

2. Elle crée une présomption irréfragable de culpabilité

La loi impose aux abonnés à Internet de protéger leur accès à Internet, par exemple en utilisant les moyens de filtrage proposés par leurs FAI, et dont la liste sera communiquée par la Haute Autorité. Mais comment un abonné qui a mis ces moyens de filtrage en place pourra-t-il prouver sa bonne foi s’il est accusé du contraire ? Comment prouver qu’à une heure donnée, un jour donné, le mécanisme de filtrage était bien activé sur l’ordinateur de l’accusé ? Ca n’est plus la présomption d’innocence qui préside, mais une présomption de culpabilité qui ne pourra en aucun cas être renversée. La loi Hadopi bafoue les droits de la défense en feignant d’ignorer que ces droits, dans les faits, ne pourront jamais être exercés.

3. Elle est déjà obsolète.

Puisqu’il n’est techniquement possible que de trouver l’adresse IP de ceux qui partagent les oeuvres et non de ceux qui les téléchargent depuis des serveurs distants, le projet de loi Hadopi ne vise de fait que le P2P dans son dispositif. Or aujourd’hui le piratage se produit au moins autant sur les serveurs de newsgroups et les sites de téléchargements et de stockage comme RapidShare, dont les utilisateurs sont mis à l’abri de toute procédure. De plus, les nouvelles générations de réseaux P2P sont conçues de façon à masquer l’adresse IP des utilisateurs qui partagent des fichiers, ou à ne pas pouvoir associer de façon certaine une adresse IP à un contenu partagé. Sachant qu’il est toujours politiquement beaucoup plus facile de créer une Autorité administrative que d’en démanteler une, est-il utile d’aggraver la charge publique par une énième Haute Autorité qui sera très rapidement incapable de travailler, ou de façon tellement anecdotique que son efficacité sera nulle ?

4. Elle interdit même le P2P légal.

Il n’existe et ne peut exister aucune base de données des oeuvres protégées par les droits d’auteurs. Donc le père de famille qui veut sécuriser son accès à Internet conformément aux obligations disposées par la loi Hadopi devra bloquer l’ensemble du P2P sur sa ligne, car aucun filtre ne pourra bloquer uniquement les téléchargements et uploads d’oeuvres protégées. De fait, c’est donc l’ensemble du P2P légal qui est mis au banc par le projet de loi. Il y a fort à parier qu’en plus, les FAI qui devront communiquer une liste d’outils de filtrages « efficaces » proposeront des outils qui bloquent automatiquement tous les logiciels d’échange comme eMule, BitTorrent et consorts.

5. Elle nécessite un fichage contraire à la jurisprudence de la CNIL

Pour mettre en oeuvre la riposte graduée, la Haute Autorité devra connaître l’historique des éventuels messages d’avertissement envoyés auparavant aux abonnés. Elle doit donc conserver les données d’infraction pendant une période longue. Si l’abonné est sanctionné par la suspension de son abonnement à Internet, son nom doit être inscrit pendant un an dans un registre communiqué aux fournisseurs d’accès à Internet, qui ont l’obligation de le consulter avant toute ouverture d’accès. Si le nom du client y figure, l’abonné ne peut pas s’inscrire. Or par le passé, la CNIL n’a autorisé ce type de fichage qu’à la condition expresse que le nom de la personne soit retiré dès lors que le dommage qu’il a causé est réparé (un remboursement d’impayé pour être retiré du fichage de la Banque de France, par exemple). Or ici, le fichage reste actif pendant un an, sans que l’abonné n’ait la possibilité de mettre fin au dommage qu’il a causé par sa négligence.
On notera aussi que la conservation des données qu’implique la mise en oeuvre de la riposte graduée est équivalente à celle imposée aux FAI pour les besoins de la lutte contre le terrorisme. De quoi se poser des questions sur la proportionnalité du mécanisme au but poursuivi.

6. Elle crée une justice à deux vitesses, selon que vous serez puissant ou misérable.

La Haute Autorité chargée de mettre en oeuvre la riposte graduée avertira et sanctionnera les internautes qui ont partagé illégalement des oeuvres protégées par le droit d’auteur. Mais quelles oeuvres ? Elle n’agira que sur la base de relevés effectués par les ayant droits eux-mêmes, c’est-à-dire par ceux qui ont la puissance financière pour effectuer un contrôle et un relevé des adresses IP sur Internet pour protéger leurs oeuvres. En clair, les majors du disque et du cinéma. Les petits labels ou les artistes indépendants seront de fait exclu du mécanisme de défense de leurs droits prévu par la loi Hadopi, quand bien même leurs oeuvres seraient piratées massivement.

7. Elle encourage la politique de l’autruche.

Il suffit de regarder le contenu des accords de l’Elysée pour voir que les industries culturelles estiment qu’elles n’ont pas à améliorer l’attractivité de leurs offres légales tant que la riposte graduée prévue par la loi Hadopi n’est pas effective. C’est-à-dire, au mieux, pas avant le premier trimestre 2009. Et encore, en fait, bien après, puisque l’accord prévoit un délai d’un an à compter de la mise en oeuvre effective de la riposte graduée. Au moins si la loi Hadopi était rejetée, les industries culturelles se décideraient peut-être enfin à se donner un grand coup de pied dans le derrière pour proposer aux consommateurs ce qu’ils attendent. C’est la base de tout commerce.

8. Elle a été jugée contraire aux droits de l’Homme par le Parlement Européen

Comment, alors qu’elle sera présidente de l’Union Européenne, la France peut-elle ignorer une sanction aussi lourde du Parlement européen ? Le 10 avril 2008, les eurodéputés ont voté une résolution qui « invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l’homme et avec les principes de proportionnalité, d’efficacité et de dissuasion, telles que l’interruption de l’accès à l’Internet. »

9. Elle ne sera pas plus efficace que la loi DADVSI votée il y a trois ans.

Nulle part au monde les tentatives de dissuasion et de répression n’ont fait baisser le nombre de contenus piratés et surtout n’ont fait grimpé le nombre de CD et DVD vendus. Dix ans après l’arrivée de Napster, il est peut-être temps de changer enfin de stratégie.

10. Elle coûtera extrêmement cher à mettre en oeuvre pour l’Etat

Lors des Assises du numérique, le président de l’Autorité de Régulation des Mesures Techniques et probable futur président de l’Hadopi s’est dit prêt à mettre en place « un processus de traitement automatisé permettant l’envoi de 10 000 messages d’avertissements par jour ». 10.000 messages par jours, ce sont 3,65 millions de messages par an. Pour les envoyer, il faut connaître l’adresse IP de l’abonné, et demander l’adresse e-mail correspondante au FAI. L’arrêté du 22 août 2006 pris en application de l’article R. 213-1 du code de procédure pénale prévoit que l’identification d’un abonné ADSL et de son fournisseur d’accès internet donne lieu à une indemnité forfaitaire de 8,50 euro par IP. Soit un coût global de 31 millions d’euros par an, auquel doivent s’ajouter les frais postaux d’envois de lettres en recommandé exigées au minimum lors du deuxième avertissement, les frais de relevés des infractions, les frais de conservation des données, et les frais de fonctionnement administratifs de la Haute Autorité.
Pour que l’Hadopi ne creuse pas le déficit budgétaire de l’Etat, elle devra donc générer en retour au moins 31 millions d’euros de recettes fiscales chaque année par l’augmentation supposée des ventes sur les plateformes légales. Rapide calcul. Un MP3 vendu 0,99 euros sur Internet rapporte à l’Etat 16 centimes d’euros de TVA. Pour aller à l’équilibre, il faudrait que les Français achètent environ 194 millions de titres par an en plus de ceux qu’ils achètent déjà – ce qui suppose au passage qu’ils n’achètent pas sur iTunes, où la TVA bénéficie au Luxembourg. A titre de comparaison, les ventes de musique sur Internet en France au premier trimestre 2008 ont rapporté à l’industrie moins de 7 millions d’euros HT. On veut bien croire en faisant un effort à une augmentation des ventes consécutive à l’adoption de la loi Hadopi, mais à ce point ? »

J’en ajouterais une autre: la première fois que la riposte graduée a été présentée, elle a été jugée anticonstitutionnelle par le conseil constitutionnel (on en peut pas traiter la contrefacon physique et immatérielle de façon différente). Mais il suffit de contourner l’esprit (ce n’est pas le piratage qui est le délit, mais le fait de ne pas sécuriser sa connexion contre le piratage)…

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canal sat: les victimes…

Comme toutes les guerres, la guerre contre le « piratage » fait des victimes innocentes…

Les abonnés canalsat qui ont acheté un décodeur (qui ne le louent pas) en sont pour leurs frais: ils doivent le remplacer. Merci pour la planète qui supporte le cout écologique du remplacement…

Il y a quelques dédommagements (voir ci-dessous) toutefois.

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la télévision cathodique reste en tête des ventes

selon le site PC world, une étude de l’organisme display search montre que les ventes de LCD rattrapent les ventes de plasma, mais que le marché du cathodique est toujours le premier (de justesse) … un problème de prix et de pouvoir d’achat?

plus d’infos en lien ci-dessous.

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rediff de détournement d'expression en realTV

La realTV nous a offert de nombreux détournements d’expressions françaises (inversées, remaniées…), et c’est en tombant sur une rediffusion de l’émission « fear factor » spéciale VIP que j’en remarque une autre :

Marika et greg de « greg le millionnaire » doivent faire une cascade et marika commente avec appréhension : « au bonheur la petite chance ». Evidemment vous avez reconnu que l’expression originale était: « au petit bonheur la chance ». 😉

C’est toujours aussi mignon… Greg était « dur de partout » et marika « molle du…  » c’est vous qui finirez la suite! 😉

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autre dossier sur la télévision de demain

l’internaute fait un autre dossier sur la télévision du futur. L’OLED et les nanotudes de carbone, j’en mangerais… (au sens figuré, par qu’au sens propre ça doit pas être très bon… 😉 ).

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La suppression de la pub nous la payerons tous

et ce d’une manière ou d’une autre…
Notre gouvernement éudie 3 pistes pour financer la fin de la publicité dans les chaines publiques :
– la hausse de la redevance et la fin de l’exception des tuners TNT dans les ordinateurs et des résidences secondaires: super, on va payer plus!
– des taxes sur les FAI et chaines privées : super on va payer plus notre abonnement internet!
– des taxes sur les produits électroniques : super on va payer plus les produits électroniques!

En gros, le « président du pouvoir d’achat » va le réduire encore plus pour remplir les poches de ses riches amis (bien sur, une taxe sur les produits financiers est hors de question…) et favoriser une industrie vieillissante (les chaines de télévision privées qui vont récupérer les bugets publicitaires) en freinant les industries du futur et les nouveaux modes de consommation télévisuelle (internet,…)…

A part y passer souvent, il n’a rien compris à la télévision…

je vous conseille cette analyse

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Le Bureau de vérification de la Pollution (BVP)

le bureau de vérification de la publicité appelé BVP (qui gère aussi les publicités télévisuelles) a fait preuve d’une irresponsabilité écologique sans précédent: il a refusé des publicités incitant à une consommation plus responsable écologiquement (comme utiliser une éponge au lieu de lingettes, boire de l’eau du robinet au lieu d’eau en bouteilles,…)

Le BVP estime qu’elles étaient de nature « à porter gravement préjudice à des secteurs économiques ». Mettre l’économie devant l’environnement, c’est non seulement irresponsable, mais illogique : qui paye les dégâts dus à la pollution? C’est la société, y compris le secteur économique (réchauffement climatique, cancers, …).

Espérons que la charte d’engagement pour une publicité responsable entre le BVP et le ministère de l’écologie et du Développement durable changera les choses…

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L'OLED n'est pas au point

Je suis assez désespéré car c’était mon choix pour ma prochaine télévision (si j’ai la chance que ma cathodique tienne jusque là). De nouveaux tests ont montré que la durée de vie n’était pas 30000 heures, mais 17000 et subissait une perte de qualité après 1000 heures de test…

vivement que les progrès technologiques arrivent…

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vidéo censurée par TF1 [MAJ]

A l’époque de la DADVSI (la loi sur les droits d’auteur qui a été déclarée en partie inconstitutionnelle), j’avais mis en ligne une vidéo diffusée sur LCI montrant une échauffourée entre un représentant des majors et une autre personne (je n’ai plus les détails) qui les traitait de dinosaure. Cette partie de la vidéo avait été déjà censurée à l’époque sur le site de LCI qui annonçait l’avoir mise en ligne mais seule la première partie était en ligne… bizarre. Je trouvais que c’était mon devoir de citoyen de rendre publique cette information (qui reste d’actualité aujourd’hui au moment les majors attaquent les droits de l’homme et les droits de la défense à travers la riposte graduée…).

Bizarrement, cette vidéo a été censurée aujourd’hui sur youtube par TF1 … Bien que je comprenne la violation de copyright (qui est un droit déséquilibré par rapport aux droits des spectateurs), la censure de cette vidéo est discutable car sa disponibilité fait partie de la liberté d’expression et d’information. Est-ce un signe de début de totalitarisme ? J’espère que non… L’avenir nous le dira.

MAJ: la censure continue… les extraits vidéos de l’ile de la tentation 2007 ont été supprimés. Pourtant, ils faisaient tous moins de 30 secondes, le droit de citation ne leur fait ni chaud ni froid…

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